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Hommage au Commandant Hervé Quéré.



J'ai rencontré le Commandant Queré pour la première fois en 2008, j'étais alors élève officier sur le navire Summit Terra. Sa bonhomie, son enthousiasme communicatifs m'ont tout de suite mis à l'aise. Il m'a ensuite promu lieutenant, ensemble nous avons longé la Grande barrière de Corail, visité Brisbane en Australie. J'ai souvent navigué sous ses ordres sur le navire Jeanne-Marie, nous allions d'un continent à l'autre, il connaissait tous les coins. Nous allions régulièrement faire des ship to ship en République Dominicaine, dans la baie d'Ocoa, un spot de Ship to Ship qu'il avait monté personnellement avec Geogas. Là-bas il connaissait tout le monde et tout le monde l'appréciait. Il me présentait son ami Lucciano qui me dit : travailler avec Hervé c'est facile, à chaque difficulté il répond « no problem, no problem ». C'était sa philosophie, souvent il me disait : « La vie c'est simple, il suffit de ne pas se la compliquer ». Tout semblait facile avec lui.

Un sacré caractère, des décisions sûres, un excellent marin.

Il a accepté la présidence de l'AFCAN pour 6 mois pour sauver une fin d'AG et espérant qu'un collègue encore en mer le remplacerait vite. La place n'est pas particulièrement recherchée. Il naviguait encore et est resté président 3 ans.(2005 à 2008). Il a été mis à toutes les sauces !

Transformation de notre art de vivre avec ISPS et ISM qu'il a absorbé avec sa philosophie pleine de bon sens. Il a bataillé contre les simulacres de procès pollutions, la loi Perben mal appliquée, la responsabilité civile du capitaine.

Son côté humain lui dictait de lutter contre les injustices faites aux équipages dans l'application des règles ISPS. Puis s'interrogeant sur la qualité de l'enseignement et surtout défendait la formation par l'expérience des anciens.

Président de l'AFCAN pendant trois ans, il ne s'en vantait pas, il ne cherchait pas les honneurs. Je ne l'ai jamais vu porter sa décoration de Chevalier du Mérite Maritime. Il y a une distinction par contre dont il était fier : c'était sa médaille du sauvetage en mer. Il aimait citer les tontons flingueurs, film dans lequel le père d'Antoine « collectionne les décorations, il les a toutes sauf celle du sauvetage en mer, la plus belle mais la plus difficile à obtenir, il faut être breton ! ».

Hervé, tu vas nous manquer, travailler sous tes ordres était un honneur, apprendre à tes côtés était un plaisir, jamais nous ne t'oublierons.

Mars 2024
Cdt. Blanchard Pierre
Président de l'AFCAN

Hervé Quéré, Commandant toujours !

 
La première fois que j'ai rencontré le Commandant Hervé Quéré, c'était au tout début des années 90 quand je suis venu rencontrer les équipages de nos caboteurs dans la zone des Caraïbes. Le navire était à quai à Fort-de-France, je grimpe la coupée, le Commandant Quéré m'accueille à peine ai-je posé le pied sur son bateau.

Il est des regards importants, des regards qui décident de beaucoup de choses par la suite. Dès ce moment-là, ça a fait tilt !

Une confiance réciproque est née, confiance qui n'a jamais fait défaut par la suite, pendant les dix années de travail en commun. Nous avons parfois vécu des situations difficiles et c'est notamment cette confiance qui nous a aidé à en sortir, nous n'avons jamais douté l'un de l'autre.
Hervé Quéré savait aborder, entreprendre les choses, toujours dans un sens positif, constructif, optimiste mais réaliste. Il savait contourner la difficulté mais pouvait l'affronter résolument si nécessaire. Naviguer avec lui était pour beaucoup de marins un privilège.

Par sa manière de se comporter dans la vie professionnelle, il symbolisait assez bien les quatre Vertus cardinales déterminées par Aristote : la Prudence, le Courage, la Justice, la Tempérance.
N'est-ce pas le début du portrait d'Hervé ?

Je pourrais rapporter de nombreuses situations où le Commandant Quéré a fait preuve de son professionnalisme. Je préfère vous faire part d'une anecdote.
Pour certains de nos navires – notamment les pétroliers/gaziers - touchant les USA, nous devions faire des exercices tous les ans simulant les pires catastrophes. Cela se faisait entre notre représentant officiel américain basé aux USA – qui tenait alors le rôle des USCG - et notre siège social en France. Pour qu'il s'imprègne bien de l'esprit américain, une année, j'ai demandé à Hervé d'aller aux USA chez notre représentant pour participer à un tel exercice. Notre représentant/USCG élabore un scénario extrêmement réaliste notamment avec des médias et l'exercice se déploie sur 12 à 15 heures d'amplitude, engageant une bonne vingtaine de personnes.
Et voilà donc notre cher Hervé avec la casquette de Coast Guard !
C'est comme ça qu'au cours de l'exercice, vu les pièges qu'il nous tendait et les peaux de banane qu'il nous lançait par-dessus l'Atlantique, je me demandais si mon idée était si bonne que ça. Et il a eu les félicitations des Américains !

Vingt-cinq ans après son départ de l'armement, nous échangions toujours, un coup de fil par-ci, par-là, avec comme le souligne si justement le Président Blanchard, beaucoup de gaîté de sens positif, de fraîcheur d'esprit.

Il a fait partie des grands Capitaines de l'armement.

 
Claude Peltier
Ancien directeur de l'armement
Services et Transports
23 03 2024