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Allo Docteur ? Le Centre de Consultation Médicale Maritime célèbre ses 40 ans


« Dites 33 ? » - « NON ! Dites 31 ! »


Hôtel-Dieu Saint Jacques. Lieu de la conférence

Les 12 et 13 octobre 2023, le Centre de Consultation Médicale Maritime CCMM, situé dans les locaux du SAMU 31, organisait un évènement pour ses 40 années d'existence. Accueillis par le Dr Emilie DEHOURS et le Dr Patrick ROUX dans le cadre grandiose de l'Hôtel-Dieu sur les bords de la Garonne, les intervenants se sont succédés à la tribune en proposant un programme aussi varié qu'intéressant.

Un ancien opérateur de Saint-Lys radio nous expliquait pourquoi un SAMU terrien était en charge de l'aide médicale en mer. Il nous a raconté qu'il avait jadis envoyé à un capitaine de navire un message en morse lui indiquant les manœuvres à effectuer pour remettre en place une épaule déboîtée.

Le lendemain, nous faisions un saut de plusieurs décennies avec les représentants du fabriquant de station portable de télémédecine qui nous faisaient une démonstration de leur valise multifonctions - ECG, caméra générale, caméra endoscope, etc. Le médecin de l'hôpital Purpan peut ainsi faire une véritable téléconsultation sur un marin à l'autre bout du monde.

Outre les médecins, plusieurs responsables d'armement étaient présents. L'un d'eux a déploré l'absence de connexion entre le médecin de famille et le médecin des gens de mer. Il relatait le cas d'un de ses marins qui a pu embarquer - visite médicale à jour - bien que souffrant d'un cancer en phase terminale. Ce marin ne devait jamais revoir la mère patrie et est décédé, moins d'un mois après son embarquement, dans un hôpital à l'étranger. Le fossé entre ces "deux médecines" est confirmé par les médecins des gens de mer présents qui précisent qu'il n'y a rien d'illégal sur ce point. Libre au marin d'informer ou pas le médecin des gens de mer de son état de santé, de ce qui n'est pas visible. Hors micro, l'un de ces médecins me confiait qu'à plusieurs reprises, il aurait pu ne pas valider la visite médicale d'un marin mais il ne l'a pas fait car celui-ci aurait perdu son emploi.
« Regardez les statistiques ! Très peu de marins meurent à bord ! ».
« Certes, fort heureusement tous ne meurent pas. Mais quelques-uns, bien qu'estampillés valides, ne le sont pas à 100%, voire souffre de pathologie(s) sérieuse(s) y compris un état dentaire lamentable. Tant pis pour eux donc, et pour les autres à bord qui devront faire avec ; surcroît de travail, gestion d'une situation médicale qui aurait pu être gérée à terre avant l'embarquement, ... ».
J'aurais pu lui en citer des cas vécus et pas seulement avec des Français. Pas de changement à l'horizon sur ce sujet.

Un débat s'est engagé à propos des consultations non urgentes. Sur les traversées courtes comme le transmanche, le CCMM - service d'urgence - doit-il être contacté ? Les avis divergent.

Un médecin militaire navigant sur les sous-marins nucléaires nous décrit la gestion de l'aide médicale sur les SNLE français comparée à l'US Navy. Il peut arriver que la France n'ait qu'un SNLE tapi sous la surface. S'il doit évacuer un marin, non seulement le submersible se dévoile ce qui nuit à la stratégie mais il peut se passer une semaine entre la décision d'évacuer et la prise en charge du marin dans un service adapté. La Marine nationale a donc choisi de mettre à bord un médecin urgentiste, un ou deux infirmiers ainsi qu'un équipement conséquent. L'US Navy qui a en permanence 6 SNLE dans les abysses, n'a qu'un infirmier à bord.

Des infirmières de SOS Méditerranée nous ont décrit comment, lorsque des migrants étaient récupérés en mer, elles géraient les cas médicaux parfois très sérieux.
Camille JEGO, psychologue clinicienne au CRAPEM à Saint-Nazaire est intervenue à propos des cas de harcèlements sexuels ou moraux longtemps ignorés, négligés, cachés dans un monde très masculin.

Les parcs éoliens offshore apportent également leurs lots de cas médicaux avec semble-t-il, quelques difficultés à obtenir des statistiques.
Enfin, le Dr Jean-Louis ETIENNE, médecin, navigateur et aventurier bien connu est venu décrire son parcours et a présenté le projet POLAR POD, navire océanographique sans machine destiné à l'étude de l'océan Austral qui encercle l'Antarctique.

Merci à toute l'équipe du CCMM pour l'organisation de cet événement et pour leur accueil sur place.
A suivre, un extrait de la présentation réalisée par le CCMM. La présentation originale est sur le site de l'AFCAN.

Bon vent
Cdt. Bertrand DERENNES – Secrétaire général



Local du CCMM au SAMU 31

L'aide médicale en mer (AMM) a pour objectif une prise en charge du patient à bord avec des moyens et des délais semblables à ceux pratiqués à terre grâce notamment à la télémédecine.
L'AMM s'applique à partir du moment où le navire a franchi les limites administratives du port et sa mise en œuvre se fait sous l'autorité du préfet maritime de la zone.

LES ORGANISMES IMPLIQUÉS DANS LA PRISE EN CHARGE D'UN PATIENT À BORD D'UN NAVIRE SONT :

Les MRCC doivent obligatoirement mettre en relation avec un TMAS tout navire ayant un problème médical à bord, ce qui impose à chaque MRCC d'avoir identifié un TMAS de référence.

LE CCMM EST LE TMAS DE RÉFÉRENCE DE TOUS LES CROSS FRANÇAIS.

Tous les pays membres de la Communauté européenne ayant un littoral et des navires doivent : LE CCMM A ETÉ CRÉÉ AU SEIN DU SAMU DE LA HAUTE GARONNE ET DU CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE (CHU) DE TOULOUSE PAR L'INSTRUCTION INTERMINISTÉRIELLE DU 29 AVRIL 1983 RELATIVE À L'ORGANISATION OPÉRATIONNELLE DE L'AMM.

QUELQUES INFORMATIONS.

Le service, permanent et gratuit, de consultations et d'assistances télémédicales assuré pour tout navire en mer par le CCMM vise à garantir l'accès à des soins de la meilleure qualité possible pour tout membre d'équipage, passager ou simple occupant du navire, en liaison avec les différents partenaires médicaux, opérationnels, administratifs et institutionnels du réseau d'aide médicale en mer.


Centre de régulation du SAMU 31

Son action contribue à la politique générale de la direction des Affaires maritimes et des gens de mer et du régime spécial de sécurité sociale des marins (ENIM) en matière sanitaire. Il assure aux gens de mer des soins de proximité de qualité durant l'expédition maritime et limite ainsi les conséquences éventuelles des maladies ou blessures survenues à bord.

L'appel pour une téléconsultation est pris par un auxiliaire de régulation médicale (ARM). Il identifie le navire, le patient, le motif d'appel, le degré d'urgence et transmet la communication au médecin du CCMM. Les médecins du CCMM sont des médecins urgentistes. Leur activité est repartie entre le SAMU 31 (médecin régulateur du Centre 15 et médecin SMUR), le service d'accueil des urgences (SU) et le CCMM. Ils réalisent la téléconsultation dans une salle jouxtant la salle de réception et de régulation des appels (CRRA) du SAMU 31.

L'AMM s'intègre dans le cadre de l'aide médicale urgente (AMU) et se trouve soumise aux mêmes contraintes. Ainsi, toutes les communications sont enregistrées et archivées. La consultation télémédicale est considérée comme un acte médical identique à tout autre et, à ce titre, soumise aux mêmes règles. Il y a donc obligation d'ouvrir un dossier médical qui sera clos et archivé une fois le patient débarqué et considéré comme n'étant plus sous la responsabilité du CCMM.


COMMENT FONCTIONNE LE SERVICE ?


 

En cas de problème médical, le navire appelle directement le CCMM ou passe par l'intermédiaire du CROSS de la zone SRR. Le CCMM a été qualifié par l'arrêté du 10 mai 1995 comme Centre de Consultation et d'Assistance télé-Médicale Maritime pour la France, et exerce les fonctions de service d'assistance télémédicale (TMAS) définie par la circulaire MSC/Circ 960 de l'OMI.
L'avis médical du CCMM est obligatoire pour un patient dont l'évacuation est envisagée vers le territoire français ou lorsque le navire sur lequel ce patient est embarqué va faire une escale dans un port français ou sur rade dans les eaux intérieures françaises.

La prise en charge d'un patient (malade ou blessé) à bord d'un navire repose alors sur la réalisation de la consultation télémédicale par le médecin du CCMM. A la fin de la téléconsultation, le médecin du CCMM effectue une analyse de la situation, pose un diagnostic, prescrit la thérapeutique adaptée et préconise, à l'attention du capitaine, le type de conduite opérationnelle à tenir, en référence à la typologie ci-dessous :
LE CCMM CONTACTE ALORS LE CROSS RÉFÉRENT. LE COORDONNATEUR DE MISSIONS DE SAUVETAGE DU CROSS ASSURE LA COORDINATION DES OPÉRATIONS D'ÉVACUATION ET D'INTERVENTION SANITAIRE EN LIAISON AVEC LE CCMM ET LE SCMM.

LE CCMM S'ORGANISE AUTOUR DE DEUX ÉVENTUALITÉS :

Permanence médicale dédiée. En semaine de 8h à 18h - Samedi de 8h à 13h.
La permanence médicale est assurée par l'un des médecins du CCMM. En plus de la réponse aux consultations, il effectue le suivi des dossiers (rappel des navires, contact avec des spécialistes, suivi des patients hospitalisés), la saisie et le traitement informatique des dossiers, la réponse aux demandes de renseignements, la mise à jour de la documentation, la réalisation d'exercices maritimes et participe à la réflexion pour l'amélioration de la formation, des dotations, des procédures...

Téléconsultation d'urgence. En semaine de 18h à 8h - Les jours fériés, les week-ends, hors samedi de 8h à 13h.
La réponse est assurée par l'un des médecins régulateurs postés au CRRA du SAMU 31, qui dans la majorité des cas sont des médecins du CCMM. Compte-tenu d'une activité de régulation importante, leur disponibilité est moindre. Sa mission est de traiter les appels jugés urgents par le « responsable des soins ». Si la situation n'est pas considérée comme une urgence par le médecin régulateur, un rendez-vous est alors donné aux heures ouvrables pour approfondir le cas et affiner la consultation. En cas de nécessité, ce médecin peut faire appel le week-end à un médecin d'astreinte du CCMM permettant ainsi d'avoir constamment une réponse spécialisée.

La téléconsultation doit se faire préférentiellement en phonie lors de l'ouverture d'un dossier.

L'utilisation du mail CCMM@chu-toulouse.fr permet le suivi de dossier ou l'envoi de datas.
Tous les appels sont enregistrés et font l'objet de l'ouverture d'un dossier médical. Ces dossiers doivent être conservés, (en cas de saisie par la justice) pendant 30 ans. La téléconsultation repose sur les données cliniques recueillies et transmises par le « responsable des soins » et sur la télétransmission de données médicales telles que, images numériques, électrocardiogrammes...
Lors de l'appel, le médecin CCMM ouvre un dossier médical informatisé reprenant l'ensemble des données transmises par l'appelant. Ce dossier médical comprendra aussi les datas transmises par mail telles que : Il pourra aussi avoir accès au fichier Esculape®, logiciel métier du service de santé des gens de mer.


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